13. Phnom Penh   

Arrivée le 17 décembre à 20h30, en minibus depuis Ho Chi Minh Ville (3j, 4n)


• Premières impressions de Phnom Penh

Encore un changement radical d'ambiance et de décor. Après la fiévre de Saïgon (les vietnamiens n'arrivent toujours pas à l'appeler Ho Chi Minh City), on est frappé par le calme relatif de Phnom Penh qui nous rappelle un peu la quiétude du Laos. On est d'autant plus surpris qu'après un passage de frontière assez cocasse (pas d'électricité à la douane, nombreux changements incompréhensibles de guichets, e-visas qui s'égarent, arnaque au change qui se fait dans la rue sans qu'on puisse vérifier quoi que ce soit), on commençait à avoir quelque appréhension.

Cette première impression ne dure pas. En se promenant, le lendemain, hors des quartiers fréquentés par les touristes, on constate le triste état général de la ville. Délabrée, extrêmement sale, parfois nauséabonde. La misère est très présente. Insupportable, elle peut rendre violents ces gens pourtant naturellement si doux. On nous parle beaucoup d'insécurité. On nous demande d'être prudents. Les quelques belles maisons devant lesquelles nous passons dans la rue sont toutes protégées par des barbelés.

Ceux qui connaissent l'histoire du Cambodge ne seront pas surpris par cette description. De 1975 à 1979, la ville a été entièrement vidée de ses deux millions d'habitants par les khmers rouges. Après leur départ, plus rien ne fonctionnait et seulement 20% des habitants ont pu revenir chez eux. Ce n'est qu'à partir de 1991 (accords de Paris) que les subventions internationnales ont commencé à aider la ville à se rétablir. Le travail est loin d'être terminé. La ville porte encore les stigmates de ces années noires.

Et pourtant, tous ces gens rencontrés dans les rues, souriants, agréables, tellement disposés à vous rendre service. Comment expliquer cela ?

Phnom Penh c'est surtout une ambiance. Ce n'est pas une ville qui se distingue par ce qu'elle a à montrer. On y trouve, néanmoins, quelques belles avenues,

    

    

Sihanouk Bvd

de beaux monuments,

Independance monument

et, bien sûr, le majestueux Mékong.

    


• Pour un Sourire d'Enfants (PSE)  

Nous sortons de cette visite pleins d'admiration pour Christian et Marie-France des Pallières - les fondateurs de cette ONG française, créée en 1996 pour sortir les enfants de l’extrême misère, les former et leur donner un métier - et pour ceux qui ont pris leur suite et s'occupent aujourd'hui de 6000 enfants et adolescents, chaque année.

    

    

Satheya Ngy - un français d'origine cambodgienne - qui nous fait faire la visite, nous précise que le centre compte 600 employés, volontaires et professeurs, sert 7000 repas par jour, distribue environ 10 tonnes de riz toutes les deux semaines aux familles des enfants (pour que celles-ci acceptent de laisser leurs enfants aller à l'école) et assure 8000 consultations médicales et soins par mois.

Satheya, au milieu des enfants qui l'adorent

Lauréate du Prix des Droits de l’Homme de la République Française, l'association compte à présent 17000 parrains et donateurs, essentiellment francophones mais également espagnols, anglais, australiens, néozélandais...

Si vous ne l'avez déjà vu, le petit film ci-après (7mn) mérite vraiment d'être regardé.

Vidéo PSE



• Tuol Sleng Genocide Museum

Terrible visite de la plus lugubre des prisons secrètes des khmers rouges : la S-21. En vérité, un centre d'extermination des opposants au régime où tout détenu est un coupable obligé dont il s'agit, par la totrure, d'obtenir la confession de crimes imaginaires avant son exécution inéluctable. Au moins 14000 personnes ont été exécutées, pour la plupart des cadres du régime victimes de purges répétées. A la libération du camp, 7 survivants.

Avec la visite de PSE puis de celle de la S-21, on se dit que voyager c'est aussi découvrir le meilleur comme le pire de la nature humaine.

• Rencontres trop brèves

Dans l'hôtel où nous avons passé la nuit, nous rencontrons, le matin, une famille partie de Reims pour un voyage de 15 mois en camping-car à travers l'Europe et l'Asie : Pierre-Antoine - spécialiste de voitures de collection - et Jennifer - psychologue - et leurs trois enfants agés de 3, 5 et 7 ans.

    

On comptait les revoir le soir, pour faire plus ample connaissance et prendre quelques photos. Mais à notre retour, ils étaient déjà repartis dans leur camping-car. Dommage !
Les rencontres sont souvent furtives. C'est peut-être ce qui les rend si précieuses.

Rencontrés, également, tout aussi rapidement que les champenois, sur le coin de la table unique d'un street-food, Osman de Malaisie et Jan des Pays-Bas, pas mécontents de voyager seuls car "It's easier to meet people, when travelling on your own" (sic). Cela dépend, évidemment, des rencontres que l'on cherche à faire...

Julien, annécien de 22 ans, termine un voyage de deux mois au Laos et au Cambodge. Pas au courant du temps qu'il fait actuellement dans l'est de la France. On l'informe ; ça le refroidit un peu...


• Un hôtel bien accueillant

Beaucoup de chance de passer trois nuits au Cyclo hotel dont le personnel est si sympathique.

Pitou, le patron, a étudié en France pendant un an, a visité Bordeaux et parle encore très bien le français

       

et son équipe