Le Vietnam

Xin chào

"Cent choses entendues ne valent pas une chose vue."



Réflexions personnelles en quittant le Vietnam.

Pays fascinant, le Vietnam semble traversé par de fortes lignes de fractures : nord/sud, villes/campagnes, riches/pauvres, tradition/modernité, hommes/femmes. Ces différences font du Vietnam un pays extrêment varié. La vie, par exemple, à Ho Chi Minh Ville (Saïgon, pour les français) n'a strictement rien à voir avec celle des gens du delta, pourtant très proche. On devine, néanmoins, derrière cette diversité, des traits communs très profonds qui contribuent à l'identité vietnamienne. Le patriotisme, d'abord. Les vietnamiens ont mis mille ans pour se débarasser du joug chinois, un siècle pour se libérer du colonialisme français puis japonais et dix ans pour repousser les américains. L'unité du pays, à laquelle ils sont très attachés, ne s'est faite qu'en 1975. Ils sont prêts, becs et ongles, à la défendre contre leur envahissant voisin chinois. L'énergie, ensuite. Ici, chacun sait que s'il ne règle pas ses problèmes lui-même, personne ne viendra les régler à sa place. Très peu de mendiants. Même les plus misérables parmi les plus pauvres s'emploient à gagner quelques sous en vendant des bricoles ou en ramassant papiers et bouteilles de plastiques pour le recyclage. C'est poignant de les voir, si fragiles, s'échiner ainsi. Mais c'est ce qui protège la seule chose qui leur reste : leur dignité. Une certaine joie naturelle, enfin. Bien difficile, pour nous, de savoir en quoi elle consiste vraiment. Candeur, goût de vivre, philosophie de la vie ? Mais elle est, pour nous, bien réelle. Le sourire qu'ils nous donnent, quand on les croise, en est la meilleure preuve.